OR DU RHIN: une réalité!

L’OR DU RHIN : Une réalité !

 

Les orpailleurs du Rhin sont mentionnés par les Romains tel que Diodore. Les Celtes exploitaient les sables aurifères entre Bâle et Mayence, d’après d’autres historiens romains. Mais il est probable que les premières recherches datent de plusieurs dizaines de milliers d’années avant J.C. Plus tard Richard Wagner en parle dans sa légende des Nibelungen. Durant tout le Moyen Age, l’exploitation de nombreuses zones appelées « Goldgründe » sont signalées.

Des lettres de patentes de 1682, portant confirmation des droits d’exploitation de l’or du Rhin, montrent que l’orpaillage était sous prérogatives de l’Evêque de Strasbourg.

Plusieurs noms étaient attribués aux orpailleurs : Goldwäscher, Goldner, Seyffer.

La plus grande partie de l’or du Rhin provient des quartz aurifères du massif de l’Aar en SUISSE.  Mais une partie doit provenir des Vosges et de la Forêt Noire. Les paillettes d’or étaient souvent confondues avec le mica Biotite qui peut prendre de beaux reflets or (or des chats, Katzengold) L’or en paillette se dépose toujours, suite aux crues du Rhin, parmi les gros cailloux, aux environs des îlots centraux du fleuve. Chaque crue remet les paillettes en mouvement.

Daubrée a démontré que l’or est présent partout dans les galets alpins jusqu’à 10km du fleuve, mais en très faible quantité. Daubrée donne des valeurs de 0,4 à 1g d’or par mètres cubes de gravier dans les zones propices. Un orpailleur pouvait laver 3 mètres cubes en 09h00 de lavage et en retirer 3g au mieux.

La couleur de l’or du Rhin tirant sur l’orange est très particulière, et le distingue de tout autre provenance. La composition chimique est : 93,4% d’or/ 6,5% d’argent/ 0,07% de platine. Son titrage est de 22,4 carats.

Un orpailleur avait un autre métier tel que cultivateur, pêcheur ou batelier. En fait, l’orpaillage dans le Rhin était courant pour améliorer les revenus. Les laveurs français vendaient leur or aux orfèvres de France ou au Duché de Bade. Ceux de Rhinau vendaient leur récolte en Allemagne à Lahr, ceux de Seltz à Rastatt ou à Karlsruhe.

Mais brutalement, vers 1870, la production d’or des orpailleurs s’arrête. La cause : la rectification du cours du Rhin sur les plans de Mr. Tulla. Raccourci de 85km, la plupart des îlots et bancs du fleuve disparurent. Les emplacements propices aux dépôts furent éliminés.

Daubrée en 1850, avait aussi calculé que la bande aurifère épaisse d’un mètre, faisait 120km de long sur 4km de large. L’or contenu représenterait plus de 500 000 000 d’Euros. Un vrai trésor ! Mais le problème est alors la récupération de ces paillettes si fines. Il faudrait en dépenser 10 fois plus pour le tamiser, et encore faudrait-il pouvoir y accéder !

Pourtant en 1935, une Société allemande, la PRAKLA, lança des études poussées avec de nombreux sondages, dans le but de passer à une exploitation industrielle de l’or du Rhin. Cette société fit construire un dragueur géant en 1938 : le Rheingold.  Avec un débit de 120 mètres cubes par heure, les frais d’exploitation étaient couverts par la vente du gravier calibré. Le sable entrait dans un circuit de filtrage spécial pour en extraire l’or. Après plusieurs mois d’exploitation, le Rheingold a extrait 180 000 tonnes de gravier, mais peu d’or. Résultats très décevant devant les efforts fournis. Les paillettes sont très disséminées dans les alluvions.

Pour conclure, on peut dire que l’or du Rhin existe. Mais, seul des orpailleurs amateurs qui ne comptent pas le temps passé, peuvent en retirer un gramme, après beaucoup de travail sur plusieurs jours ! Pourtant, à chaque crue du Rhin, de grandes quantités de paillettes en suspensions dans l’eau circulent (estimation de 100kg chaque année) Une partie seulement s’accumulent dans les îlots du fleuve. Ces îlots sont accessibles en hiver quand le niveau est bas, et là ou le Rhin est encore sauvage (à Kembs par exemple)  L’eau est à 5°C, voire moins en février. Mais c’est la bonne période pour espérer récolter quelques paillettes. Chaque batée, aux bons emplacements, peut donner de 5 à 10 paillettes. Il faut 30 000 paillettes environs pour avoir 1 gramme d’or ! Avis aux amateurs !!!   

Il est à noter, qu’une Société Suisse, avec 6 grammes d’or du Rhin, fait encore de nos jours frapper des Ducats « Aus Rheingold »

L’extraction artisanale de l’or du Rhin s’est faite depuis des milliers d’années, mais aucune exploitation industrielle n’est envisageable.

Paillettes d'or du Rhin, champ 4cm
Paillettes d'or du Rhin, champ 4cm
Orpailleurs Badois en 1820
Orpailleurs Badois en 1820
Orpailleurs en 1850
Orpailleurs en 1850
Strasbourg en 1640
Strasbourg en 1640
Drageur Rheingold en 1938
Drageur Rheingold en 1938
Ilôt du Rhin à Rhinau en 1960
Ilôt du Rhin à Rhinau en 1960
L'hiver est propice...
L'hiver est propice...
...à la recherche des paillettes d'or du RHIN
...à la recherche des paillettes d'or du RHIN
Un sluice permet de trier plus d'alluvions.
Un sluice permet de trier plus d'alluvions.